Lire sur le web

Par le 7 septembre 2009

Lire un texte sur un écran serait-il si différent que sur papier ? A l’évidence, oui. Quiconque en fait l’expérience, mesure d’une nouvelle lenteur, le temps passé à lire un texte, à l’écran; plutôt que le même, imprimé, sur une page blanche.

Lecture_web

Jakob Nielsen

Dans un article célèbre, Jakob Nielsen démontrait déjà, en 1997, que la lecture sur écran était plus lente que celle sur papier, de l’ordre de 25%.

Plus de dix ans après, le magazine Science & Vie, dans son édition de septembre, établit le même constat : à l’écran, la vitesse de lecture baisse… de 25%. Jakob Nielsen avait donc du nez. Ses conseils judicieux, diffusés sur son site, useit, sont à connaître, malgré un design improbable, serti dans une ineffable palette, « jaune et bleu »; accompagné d’une absence — totale — de « menus » de navigation.

Le gourou de l’usability (qui prône donc, la « facilité d’utilisation » d’un site… ;-)) a pourtant su convaincre l’ensemble de la webosphère du bien-fondé de sa parole, juste; servie par un graphisme, disons… intemporel. De joyeux iconoclastes s’amusèrent même un temps, à lancer un concours délicieusement irrévérencieux.

Comme quoi… l’Internet a ses prophètes… et ses paradoxes.

Niveaux de lecture

Bref, la lecture sur écran est donc plus lente que sur papier… Science et Vie, dans son dossier consacré à la lecture sur écran, pousse plus loin l’analyse, et annonce les modifications possibles des capacités de notre cortex à appréhender l’écrit.

Le cerveau pourrait ainsi, s’adapter aux nouvelles manières de lire les textes, sur des supports numériques (notamment les e-books). Même si rien, pour l’instant, n’est vraiment démontré…
Lassée d’une lecture linéaire, sollicitée par des alertes incessantes, l’attention des lecteurs se focaliserait, plus que jamais, sur les titres et les accroches : les premiers niveaux de lecture. Une recette déjà largement éprouvée, par la presse écrite, depuis des années, mais devenue de plus en plus évidente, et incontestable, sur le web.

Au détriment peut-être, d’une perte de sens, ou en tous cas, d’une difficulté croissante à rassembler et interpréter des informations, si soudainement détachées de leur contexte.

Insignifiance

L’hypertexte est d’une richesse merveilleuse mais ajoute, à la dispersion mentale, le risque de l’insignifiance : « l’abus de multimodalité nuit à la compréhension et se solde fréquemment par une surcharge mnésique » (cf. Science & vie).

Le dossier de Science & Vie semble d’ailleurs, avoir plus d’intérêt pour les commentaires, des spécialistes interrogés (Julie Lemarié, Thierry Baccino, Charles Tijus) que par l’étude elle-même, sur laquelle le magazine s’appuie : 24 volontaires de 55 à 76 ans… Pas forcément de quoi s’étonner, avec un tel échantillon, que la lecture à l’écran, soit… plus lente.

On aurait été plus curieux, d’une autre étude… sur les 16-24 ans ?
Peut-être, dans un prochain numéro ?

A lire en tous cas, sur le web (tentez l’enfer de l’expérience 😉 ou plus sereinement, sur un bon vieux magazine papier: Science & Vie, de septembre, vendu en kiosque.

Autre dossier sur le même thème

Laisser un commentaire

Avatar

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Abonnez-vous au blog

Afin de vous abonner et pour des raisons de sécurité, votre navigateur doit accepter les cookies et le JavaScript.