Génération Y

Par le 17 novembre 2009

Quel débat. La génération « Y ». (à prononcer « generation why », c’est beaucoup plus chic;-). La génération Y succède donc à la génération X. Qui succède, elle-même, à celle des « baby-boomers ». Simplifiée, en « boomers » (terme plus élégant et imagé, qu’une ordinaire « génération W « ). Voilà en tous cas, une génération, qui aura profité, avec aisance et application, de l’opulence. Laissant aux suivantes, le soin de trier les poubelles. Aux X, aux Y. Et alors… aux Z ? Eh oui. La dernière et future génération, de l’alphabet latin.

Generation_Y

La fin du monde

Faut-il y voir un signe ? La fin du monde ? Comme l’annoncerait une prophétie Maya, pour le 21 décembre 2012 ? Illustrée par un film, hollywoodien, actuellement sur les écrans ?

Ah, les prophéties… Souvenez-vous du « bug de l’an 2000 ». De la grippe aviaire, asiatique (H5N1). Suivi, d’assez près, par sa cousine porcine, mexicaine (H1N1, rebaptisée illico presto, en « grippe A », comme Alpha ?) dont le vieux continent, semble presque, s’impatienter, du déferlement.
L’une ou l’autre de ces révélations, me direz-vous, finira bien, par arriver… (pour le bug de l’an 2000, ok, c’est  un peu râpé… mais on peut s’attendre au pire : le bug de l’an 3000. Il y en aura un. Je vous le parie. Vous verrez ;-).
En attendant, on découvre nombre de sites, en ce moment florissants, à l’idée d’une apocalypse annoncée. Dont celui-ci ;ou encore celui- (via le blog de Geoffrey Dorne).

La génération Y en entreprise

Enfin, on verra… si les Mayas avaient tort ou raison. En 2012. Pour l’instant — et avant la prochaine génération Z — la génération Y, elle, s’installe… en plein coeur des entreprises. Avec un certain effet, de fin du monde.
Mais au fait, de quoi parle t-on ? Mathilde Laborderie — une blogeuse de la génération Y — liste des éléments, définissant cette fameuse génération Y (voir son blog) :

  • Nous sommes nés avec une souris dans la main et nous sommes accros aux nouvelles technologies,
  • Nous sommes habitués à la rapidité du haut débit, tout dans la vie devrait aller aussi vite que l’envoi d’un SMS,
  • Nous rejetons tous les codes de l’entreprise établis par les générations précédentes (telles que les formules de politesses réduites à un « Cordialement », les horaires respectés uniquement quand nous le jugeons nécessaire, etc…) car nous considérons ces règles superflues, presque parasites,
  • Notre bien-être et notre vie personnelle passent avant notre carrière, même si nous voulons tout de même qu’elle soit brillante et surtout lucrative,
  • Nous cherchons à faire de nos collègues des amis, etc… la liste est longue.

Impatience, révolte. Presque un désir, affiché, de « jouir sans entrave ». ça ne vous rappelle rien ? A ce point, la « génération Y » ne diffère guère des précédentes jeunesses… Sinon par l’importance soulignée, de l’argent, de l’individualisme et des technologies. Un héritage de valeurs. En somme.

Manager la génération Y

Le phénomène de la « génération Y »  est un leurre. Une invention. Des X. Et des boomers. Un nouveau nom donné, à la jeunesse. Qui menace, l’ordre établi. Et alimente, dans l’entreprise, l’angoisse des cadres en place : préserver leur pouvoir, en stigmatisant les nouveaux entrants. La recette n’est pas neuve. Faire au fond, que la jeunesse se reconnaisse, différente et singulière, sur les symptômes d’une époque. Pour la faire plier, au fond, aux normes d’un ordre ancien. La génération Y, elle, pourtant, n’a pas le souci de se reconnaître : elle vit, dans son siècle. Et n’aspire qu’à rentrer dans les rangs. Pour y trouver sa place. Et prendre, à son tour, les rennes du pouvoir. A sa façon. Avec sa culture. Et tous les instruments, de sa modernité.

Un monde ancien

La génération Y est un problème… pour les générations installées. Les « boomers » et les X. Une menace, identifiée. Qui leur permet, en partie, de la résoudre. Et d’en avoir moins peur. Mais peur de quoi ? D’être dépassé. Par la technologie. Pire, par les usages, nouveaux et dérangeants, du Réseau. Définir la génération Y, c’est un peu s’en prémunir. Et recadrer les termes de l’obéissance : la génération Y devrait, coûte que coûte, se plier aux normes du XXe siècle ? Aux règles établies, avant. L’apparition de l’Internet ? Et tout continuerait… Comme avant ? Comme on a toujours fait. Pour une question de maintien. Du pouvoir… Mais hélas; c’est une guerre perdue, soulignée par une interrogation absurde : « comment manager la génération Y » ?

Formulée, par des prédécesseurs. Une question posée, à l’envers. La « génération Y » a déjà pris ses marques. Dans un monde ancien. Pour le changer. Et s’apprête, à son tour, à « manager ». A sa façon. S’il elle ne l’a déjà fait. Avec les outils et la culture son siècle.
Réseaux sociaux, intelligence collective, travail collaboratif…

Le temps a passé. La question n’est plus de savoir « comment manager la génération Y »… Mais de comprendre comment, « la génération Y  » — Elle (des trentenaires !) — va manager les précédentes… et les suivantes.

Enfin… si jamais on survit… au 21 décembre 2012 😉

Autre dossier sur le même thème

Laisser un commentaire

Avatar

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Avatar

Mathilde Il y a 11 années

Merci Philippe pour ce billet qui sort des lieux communs habituels. Je me souviens d’avoir été étiquetée membre de la « bof génération », dans mon jeune temps… On est tous les jeunes c… de la génération d’avant…

Répondre
phil gerard

phil gerard Il y a 11 années

… L’éternel conflit des générations !
Comme toi, estampillé « bof generation » par la précédente :
« On les croyait violents, drogués, punks ou destroys, en tout cas révoltés. On se trompait: dix ans après Mai-68, les petits frères des enragés apparaissent tranquilles, trop tranquilles, partisans de l’ordre, farouchement individualistes, jouisseurs paisibles, indifférents à la politique et pas concernés par l’utopie. »
Les mêmes, je vous dis 😉
http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2000/dossier/a184704-%C2%ABla_bof_g%C3%A9n%C3%A9ration%C2%BB.html

Répondre
Avatar

h1n1 Il y a 11 années

Le nombre hebdomadaire de cas estimés de grippe H1N1 en France métropolitaine est monté à environ 5.000 la semaine dernière, avec une baisse des cas groupés, selon l’Institut de veille sanitaire (InVS).

Répondre
phil gerard

phil gerard Il y a 11 années

Est-ce inquiétant ? Ou rassurant ?

Répondre

Abonnez-vous au blog

Afin de vous abonner et pour des raisons de sécurité, votre navigateur doit accepter les cookies et le JavaScript.