Génération Facebook

Par le 14 février 2010

On aura tout lu, et tout dit,  sur la génération Y.  Génération qui ressemble, pourtant, à s’y méprendre, à la jeunesse, de toujours… Une stigmatisation rassurante qui aura plutôt révélé, l’inquiétude des « pré-numériques » à l’égard des réseaux sociaux. Phénomène dont les plus jeunes se sont emparé avec un naturel désarmant. Et peut-être un tantinet insouciant… A moins que les usages et l’immense popularité, de Facebook aient profondément modifiés les comportements sociaux. Au point de reléguer la notion même de vie privée au rang du passé…

the age of privacy is over

Fin 2009, Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook, l’annonçait, déjà, d’une manière fracassante : »The Age of Privacy is Over« . Vous avez bien lu : « la vie privée, c’est fini ». Dixit l’inventeur de Facebook. Dont on s’habitue — finalement — aux envolées liberticides, comme ici ou . Sans compter sur cette toute nouvelle fonctionnalité : une page Facebook qui permet de voir toutes les activités de vos amis dans leurs applications.…

Voilà de quoi effrayer un peu plus, la CNIL (qui tente de prévenir les plus jeunes des risques, avec ce serious gamme en ligne) et soulever un tollé, sur le web. Cela dit, pourquoi pousser des cris d’orfraie? l’objet même, de Facebook, n’est-il pas de permettre à chacun, d’exposer sa vie privée ? … pour la rendre publique ?

mouvement des moeurs

Les réseaux de partage sur Internet ont — à l’évidence — modifié les comportements sociaux. Et conduit à un nouveau mélange des genres. Jusqu’alors, insoupçonné. Entre vie privée et vie publique. Et peut-être révolutionné les moeurs. L’air de rien. Autorisant sur la Toile, des agissements que tout le monde s’interdirait (encore?) dans la vraie vie. Comme le souligne cette célèbre parodie IRL (In the real life) de Facebook :

Ou encore, ces inénarrables déboires conjugaux, assortis de conseils, et de bonnes manières à adopter, en conséquence, sur Facebook…

génération Facebook

L’exposition de leur vie privée, ne choque pas la génération Facebook. Mais leurs parents. Les premiers y voient une liberté nouvelle;  les seconds, l’évidence d’un piège.

Et les uns n’ont pas moins raison que les autres… Facebook a mis en lumière un nouveau paradoxe : s’exposer sur le Net… et préserver sa vie privée ? Les deux ? En même temps ? Le beurre et l’argent du beurre. Et avec ça… quoi… L’étiquette sur le pot du beurre ? Allons… S’afficher sur les réseaux sociaux conduit, inévitablement, à restreindre le champs de l’intimité. Mais est-ce un problème ?

la vie privée, une notion du passé

La vie privée est sans doute devenue une notion du passé. Les déclarations et les agissements du fondateur de Facebook, en sont la parfaite illustration. Et probablement ceux d’un visionnaire. De son côté, Jean-Marc Manach, dans un billet désormais célèbre, signale la thèse de Don Peppers et Martha Rogers, comparant l’absence de pudeur des “natifs du numérique” (traduction de digitals natives, le surnom donné à ceux qui ont grandi environnés de technologies de l’information) à l’attitude désinhibée avec laquelle les jeunes des années 60-70 abordaient la sexualité.

Alors, la vie privée, un problème de vieux cons ?

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